Au nom d’Allah le Miséricordieux, le Clément.

Comment sidi Cheikh al-Madanī passait-il le mois de Ramadan ?

jeudi 25 juillet 2013, par Madani

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Un mois d’Union et de Proximité, tel est le mois de Ramadan ; temps d’illuminations et de bénédictions, durant lequel les fidèles s’évertuent à obtenir la Satisfaction (riḍā) du Seigneur des cieux et des terres.

Cheikh sidi Muḥammad al-Madanī (1888-1959), qu’Allah ait son âme, mettait à profit ce mois, pour accomplir en parfaite osmose avec ses enfants et disciples des actes d’adoration (‘ibādāt) et acquérir les savoirs religieux.

Son fils, Cheikh sidi Munawwar al-Madanī (1937-…) nous décrit comment son père organisait sa journée de jeûne :

« Mon père, qu’Allah ait son âme, récitait, chaque jour, cinq hizb (division coranique) de Coran jusqu’à ce qu’il le finisse en entier avec les fouquaras et les mujarradīn (disciples vivant à la zāwia) ; et ce avant la tombée du soleil.

Au crépuscule, il accomplissait la ṣalāt al-Maghrib, de manière collective à la zāwia. Il rompait ensuite son jeûne à la maison avec les siens. Il ressortait pour accomplir la salāt al-‘ichā’ avec ses disciples et les habitants de Ksibet el-Médiouni. Ils priaient ensemble les vingt rak‘a de tarāwīh où l’on récitait, à chaque rak‘a, un huitième de hizb du Coran.

Les Imams qui ont dirigé la prière des tarāwih et ont brillé par leurs compétences de récitateurs, sont dans l’ordre chronologique :

  • Sidi al-Siddīq al-Chabbi, de la ville de Khancha (Algérie).
  • Sidi Ali al-Baghdadi, de la ville de Constantine (Algérie).
  • Sidi Haj al-Hasan al-Zīna, Bennane (Tunisie).
  • Sidi Sadiq Quawanin, Ksibet el-Médiouni (Tunisie).
  • Sidi Muhammad al-Zina, qu’Allah lui accorde longue vie. Il est l’imam actuel des tarāwih à la Zāwia

Après les prières, le Cheikh prenait un verre de thé vert, préparé par les soins de sidi al-Mabrouk al-Touatī, que Dieu ait son âme. Il débutait ensuite avec les fouquaras la récitation des cinq hizb coraniques, par alternance (chacun récitant un huitième de hizb à haute voix, les autres écoutant).

Après cette récitation, le Cheikh choisissait quelques versets afin de les commenter en se référant au tafsīr : Anwār al-Tanzīl, composé par l’éminent exégète al-Baydhāwī (m. 685h) qu’Allah ait son âme.

Il leur donnait ensuite un enseignement spirituel, puisé dans la tradition prophétique. A la fin de la soirée, il partageait avec ses convives le plat du Suḥūr avant de rentrer chez lui.

En attendant la prière de l’aube, il lisait quelques pages de tafsīr, vérifiait une question de fiqh ou méditait un hadith…en consultant les nombreux ouvrages de sa bibliothèque personnelle. Il accomplissait la salāt al-Subḥ et s’endormait. Au lendemain, il reprenait les mêmes rites, cela tout au long du mois de Ramadan, avec régularité et la même ardeur.

Il est à noter qu’il consacrait une soirée, de ce mois, pour réunir les fouquaras, notamment les Lecteurs de la ville de Bennane (ceux qui connaissent le Coran par cœur), pour le réciter en entier, (cette lecture est dite : khatm, qui est l’actualisation totale du Quran en très peu de temps (on se rapproche de l’Eternel Présent de la Parole divine), par une lecture simultanée répartie sur plusieurs « cœurs » : exemple : 60 personnes lisent chacun 1 hizb, et le Quran se manifeste (descend avec son lot de bénédictions pour les créatures) en sa totalité dans le temps de cette lecture d’un hizb) [1] . Il implorait Allah d’accorder Sa Miséricorde à ses parents, à son Maître sidi Cheikh Ahmed al-Alawi ainsi qu’à tous les fidèles.

Il convient de noter aussi qu’il conseillait aux fouqaras de ne pas quitter leurs villes et villages pour qu’ils puissent y accomplir les prières, notamment celles de Tarāwīh. Il ne leur demandait pas d’endurer à la fois le jeûne et les déplacements, et ce par douceur et par respect pour eux et leurs familles » (fin de citation).

Ainsi fut son rythme quotidien tout au long de ces mois bénis. Eternels souvenirs de ces beaux gestes qui confirment l’attachement qu’avait Cheikh al-Madanī, illustre savant de la Mosquée-Université Zaytouna et grand Soufi, au Livre d’Allah et à la Sunna de son Messager. Le bonheur d’utiliser chaque instant pour œuvrer à satisfaire Allah, accomplir différents actes de dévotion, tout en restant en quête des savoirs bénéfiques.

Il nous incombe de suivre le modèle de ces hommes qui se sont eux-mêmes conformés aux enseignements du Maître des hommes, notre Guide et Bien-aimé sayyidunā Muḥammad, sur lui bénédictions et salut.

N. al-Madani, 22 juillet 2013.


[1Note rajoutée par sidi Abd al-Malik, Égletons.




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