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Début et fin

D 18 janvier 2009     H 19:39     A Madani    


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 81 . Début et fin

La voie du tasaouf a un commencement et une fin.
Son commencement n’est autre que l’observance des obligations rituelles, l’accomplissement, dans la mesure du possible, des actes surérogatoires et l’embellissement par les nobles caractères.
Quant à sa fin, c’est connaître véritablement Allah, Exalté soit-Il, arriver à Sa Présence sacrée, jouir des délices de Son Intimité et quitter le monde sensible.
« Et c’est vers ton Seigneur qu’est l’Aboutissement final [1] ».

 82. Disciples

Quelle que soit leur groupe ou leur domaine, les élèves ne tirent aucun parti de leur science s’ils n’acquièrent pas un regard de tendresse de leur Maître. Pis encore, ils retourneront sur leurs pas.

 83. Regard

Le disciple, au cœur pur et à la soumission sincère avec le Maître, aura droit à son regard affectueux et à sa tendresse spirituelle.
Le Maître débordera sur lui de ce qu’Allāh lui a confié. Il le fera alors parvenir à la Présence prophétique soit à la Présence divine.
Ainsi, il devient au nombre des serviteurs rapprochés d’Allāh.
Tel est le but escompté de la compagnie d’un Maître.

 84. Parfaite connaissance

La Connaissance spécifique des Parfaits et leurs nobles états n’est autre que l’essence des Textes Sacrés et le résultat de la mise en pratique de leur science.
« Craignez Dieu,
Et Dieu vous enseignera [2] ».

 85. Imposture.

Quiconque prétend avoir atteint un stade [de connaissance] où l’on délaisse les obligations religieuses est un imposteur. Ses prétentions sont à ignorer.

 86. Nécessité

La compagnie d’un Guide initiatique est nécessaire à chacun, quel que soit son rang.
Celui qui en a le plus besoin est l’érudit mettant en pratique son savoir.
En effet, un Guide initiatique n’est pas seulement sollicité pour acquérir les sciences exotériques et les appliquer.
Le but [ultime] le plus important est de guérir les maladies intérieures des cœurs, telles que l’orgueil et la vanité, maladies ô combien inhérentes aux savants pratiquants.

 87. Signes d’amour

La réalité de l’amour qu’éprouvent les créatures à l’égard du Créateur, c’est que leurs cœurs penchent et s’orientent vers Lui.
Quant aux signes prouvant l’existence de cet amour, c’est obéir au Seigneur, observer Ses ordres et interdictions et être satisfait de Ses jugements et décrets.

 88. Amour

L’amour des créatures à l’égard du Vrai consiste à respecter Ses ordres et interdictions. L’amour du Créateur envers Ses créatures est de Se manifester à elles, jusqu’à en devenir « l’ouïe, la vue, la main et le pied [3] » .

 89. Le Nom suprême

L’invocateur du Nom suprême (Allāh) rend présents les Attributs de Perfection d’Allāh qui a envoyé Ses Messagers avec la Guidance.
Les Lumières de l’Unicité [divine] débordent alors sur lui et le plongent dans l’Océan de la Magnificence unique jusqu’à ce qu’il s’éteigne à tout ce qui n’est pas Lui et qu’il demeure par Sa Lumière et Sa Splendeur.

 90. L’art du tasawwuf

Comparé aux autres branches du savoir, l’art du tasawwuf est un fruit bénéfique. Ses authentiques dépositaires sont des astres lumineux.
Leurs âmes se sont inspirées des fines pensées, inaccessibles même aux intellects les plus pénétrants.
Et ce à l’exception des gens à qui Allāh donne Sa lumière pour marcher dans les jardins de la Connaissance, et des ailes pour voler à l’horizon des subtilités spirituelles.
« Celui à qui Dieu ne donne pas de lumière, n’a pas de lumière [4] ».

 91. Crainte

La crainte d’Allāh, Exalté soit-Il, est un fondement sur lequel s’édifient toutes les vertus et les qualités louables.
L’aspirant doit l’observer continuellement, en abaissant l’aile de l’humilité et en craignant la Majesté d’Allāh, la puissance de Son Pouvoir et la force de Sa Domination jusqu’à ce qu’il devienne mine de sagesse ;
« Le principe de la sagesse est la crainte d’Allāh [5] ».

 92. Espérance.

L’essence même de l’espérance, c’est que le cœur se repose sur la Générosité de Celui en qui il espère.
L’espérance a comme vertu de revêtir l’aspirant de la parure de la liberté, de même que la crainte permanente [d’Allāh] l’incite à se qualifier de la servitude. Grâce à ces deux ailes, l’aspirant pourra voler dans le Royaume d’Allāh, Exalté soit-Il

 93. Stations spirituelles

Le commun des croyants espère la Générosité d’Allāh et Ses bienfaits.
L’élite espère, quant à elle, Sa proximité et Sa beauté.
Le commun des croyants craint Son terrible Châtiment, alors que l’élite craint d’être coupée et voilée de Lui.
Qu’Allāh nous en préserve.

 94. Sincérité.

Quiconque s’embellit par la vertu de sincérité envers Allāh et son Messager, son Maître et ses frères, puis envers tous les croyants, Allāh accroît sa foi, sa certitude, sa force et sa stabilité.
Allāh, Exalté soit-Il, dit :
« de sorte que Dieu récompense les sincères de leur sincérité [6] ».

 95. Satisfaction

Sache que la satisfaction mène à la délivrance du cœur de l’aspirant,
qui s’affranchit ainsi du joug de l’opposition à l’Unique Agent faisant ce qu’Il veut.
Si la satisfaction devient pour lui un [véritable] état spirituel, le disciple ne voit, provenant d’Allâh, rien qui lui déplaise.

 96. Frères.

Aimer ses frères en Allāh accroît la foi.
Se montrer bienfaisant avec eux apporte une large rétribution.

 97. Modèle à suivre

L’homme doit servir un modèle, l’imiter et suivre ses pas ;
afin qu’il le protège de tout empêchement et obstacle. Ainsi, [le disciple] puisera les réalités spirituelles à leur source, et les perles rares dans leurs mers.

 98. Tapis de la Réalisation

Les Guides initiatiques sont les Coupes de la Réalisation.
S’en désaltéra celui qui s’assied respectueusement avec eux sur le Tapis de la Réalisation.
« Respecter ce que Dieu a déclaré sacré
est, pour vous, un bien auprès de votre Seigneur . »

 99. Cœur sain

Chez les gens d’Allāh, le cœur sain est celui qui n’a pas été noyé dans les formes des êtres manifestés (litt. des traces [de la Réalité divine]), ni troublé par les altérités illusoires.
Il est vide de ce qui est autre qu’Allâh.
Rien ne le détourne de Lui
Au contraire, tout est pour lui effacé, évanescent.

 100. Instant

N’est pas [un véritable] aspirant celui qu’un instant (litt. un souffle) rapproche [d’Allah] et qu’un autre instant éloigne [de Lui].
Certes, l’aspirant authentique est celui qui vit continuellement l’union, le pied ferme, dans un état élevé et un degré constant. Ni les violentes tempêtes ni les attaques épouvantables ne le déstabilisent.

 101. Récitation

Les meilleurs états initiatiques de l’aspirant sont, d’une part, la servitude dans son être extérieur, en sorte que tu le vois se parer de l’observance des obligations légales ; d’autre part, la liberté dans son être intérieur, en sorte que tu le vois absent à ce qui est autre qu’Allah, présent avec l’Unité divine et récitant :
« C’est Toi que nous adorons,
C’est Toi dont nous implorons le secours.
Dirige-nous dans le Chemin droit ;
le Chemin de ceux que Tu combles de bienfaits ;
Non pas le chemin de ceux sur qui est la Colère
Ni le chemin des égarés ».


[1Le Coran, LIII, (L’Etoile) v.42 ; D. Masson, Le Coran, II, p.657.

[2Segment du verset 282, sourate II (La Vache) ; D. Masson, Le Coran, I, p.58.

[3Allusion faite au hadīt : « Le serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi, jusqu’à ce que Je l’aime. Lorsque Je l’aime, Je suis serai son oreille avec laquelle il entend, son œil avec lequel il voit, sa main avec laquelle il agit, son pied avec lequel il marche. S’il m’implore, je lui donne ; s’il demande mon secours, je le lui accorde ». Rapporté par al-Buhārī, 6021.

[4Coran, XXIV (La Lumière) , v. 40 ; D. Masson, Le Coran, II, p. 436.

[5Segment d’un hadīt rapporté par al-Bayhaqī.

[6Segment d’un hadīt rapporté par al-Bayhaqī.