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Des liens fraternels…
Dans la Voie d’Allah…

D 7 septembre 2012     H 18:41     A Madani    


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La fraternité, ukhuwwa, est le lien religieux qui relie les croyants, quelle que soit leur langue, origine ou âge. Allah dit : « Certes, les croyants ne sont que frères » (Coran, al-Hujurāt, S. 49, v. 10). La rencontre entre les frères qui, la main dans la main, empruntent le chemin vers Allah, est une union, une force, une chance que n’égalera aucune autre union. Si forts soient-ils, ni les liens sociaux, ni politiques ni encore moins les liens économiques, ne sont en mesure de réunir les cœurs, de guider les esprits pour les conduire à la Vérité divine. « ...et deux croyants qui s’aiment en Allah : ils se réunissent et se séparent pour Lui… » [1] , dit le célèbre hadith. Allah est entre nous. Son décret est à l’origine de notre rencontre, comme Il est notre but et notre finalité. Notre Seigneur, qu’Il soit exalté, guide les cœurs de ceux qu’Il élit par l’amour qu’Il a crée, Lui-même, dans ces mêmes cœurs, pour Le servir. C’est Lui aussi qui rapproche des cœurs, si lointains, différents et divergents soient-ils. Dans un hadith qudsī, Allah dit : « wajabat mahabbatī li-l-Mutahābbīn fiyya » (Certes, J’accorde Mon amour à ceux qui s’aiment pour Moi) [2]
Muhammad Mnawer al-madani اللهم صلي وسلم وبارك على سيدنا محمد . Pour Allah, rien n’est wājib (obligatoire, récurrent, sûr, certain, imposé…). Pourtant, Il s’auto-oblige (si le langage humain le permet) d’aimer ceux qui s’aiment en Lui. Car il s’agit de la plus noble forme d’amour que les humains puissent éprouver. Il s’agit de l’union la plus forte, la plus pure et la plus sincère. Aucun intérêt ne devra et ne pourra l’entacher. Car, il en va de la divinité du lien qui relie les cœurs. L’entacher par un intérêt matériel, si minime soit-il, c’est entacher la divinité et la pureté de cet amour qui nous relie. Ce serait aussi entacher la pureté du lien fraternel qui nous rattache à notre père spirituel, notre Bienaimé Muhammad, sallā Allahu ‘alayhi wa sallam. « Pour tous les croyants, notre Bienaimé Muhammad a le maqām (rang) de la paternité » [3] , dit Ibn ‘Ašūr, le plus grand mufassir du XXe siècle.

Cet amour s’emparera, je l’espère, de nous-mêmes, anéantira nos éphémères existences et fera disparaitre nos êtres chimériques. Sidi Al-Jīlī dit : « L’amoureux s’éteint. Il n’en reste ni nom, ni forme, ni attribut ni qualificatif ». C’est cette union profonde, réelle et pure, qui fait disparaître barrières et obstacles, voiles et essences. Seul Allah, subhānahu wa ta‘ālā, Maître des univers, est.

En parlant de cet état d’extinction (fanā) sidi Muhammad al-Madanī dit :

ذَاتٌ تَبَدَّتْ بِلاَ أَثَرٍ

Et l’essence disparaît, sans traces…

Sidi al-Madani dit aussi :

إنَّ رُوحِي رُوحَكُمْ فَالوَصْلُ *** فِي شِرْعَةِ القَوْمِ وَفَاءٌ بِالذِّمَامِ

Certes, mon âme est la votre…

Selon la Voie des Gens d’Allah, l’union consiste à honorer le pacte initial nous unissant….

Le Pacte initial qui réunit nos âmes a été décrété par Allah avant même de nous créer : Sabaqa fī ‘ilm Allah. Ce pacte « se situe » dans l’Omniscience éternelle et pré-existentielle d’Allah. Ce fut au jour de « Ne suis-je votre Seigneur ? » [4] . Nos âmes se sont mélangées par l’Amour d’Allah, par Son Omniscience, pour nous aider à atteindre la satisfaction d’Allah.

Maintenant, nous voilà des humbles serviteurs, commis à la Hidma خِدْمَة d’Allah, à Son service. Notre condition est celle de la ‘ubūdiyya : Nous devons honorer cette mission : celle de Le servir en servant Sa parole, Le Coran, Son bienaimé, sallā Allahu ‘alayhi wa sallam, et en restant au service de tous les fidèles.

وصلى الله على سيدنا ومولانا محمد وعلى لآله وصحبه وسلم تسليمًا

N. al-Madani,

Paris, 21 juillet 2012.


[1Al-Bukhārī, 234, 1, 629.

[2Musnad Ahmad : 21465.

[3Al-Tahir Ibn Ašūr, Al-Tahrīr wa al-Tanwīr,

[4Coran, (al-A‘rāf , S. 7, V. 172) « Et quand ton Seigneur tira une descendance des reins des fils d’Adam et les fit témoigner sur eux-mêmes : « Ne suis-Je pas votre Seigneur ? » Ils répondirent : « Mais si, nous en témoignons... » - afin que vous ne disiez point, au Jour de la Résurrection : « Vraiment, nous n’y avons pas fait attention »