Douze conseils pour accroître notre amour pour le Prophète Mohammad
Sallā Allāhu ‘alayhi wa sallam

jeudi 13 septembre 2012, par Madani


Aimer sincèrement le Prophète, sallā Allāhu ‘alayhi wa sallam, est une miséricorde divine. Elle n’est accordée qu’à ceux qu’Allah a élus parmi les musulmans, bien que cet amour soit un devoir religieux qui incombe à tous. Le sens profond de l’Islam n’est autre que l’amour d’Allah et de Son Messager. Ses Compagnons ont parfaitement compris ce sens et ont exprimé un amour sans fin ni limites pour l’Envoyé d’Allah qui rayonnait devant eux. Ce fut un amour qui emplissait leurs cœurs et vies au point de préférer mourir que de voir une épine le blesser. Par ces brèves lignes, nous nous rappelons quelques conseils pour renforcer l’amour à l’égard de notre Bienaimé, sallā Allāhu ‘alayhi wa sallam. Cependant, une évidence s’impose : cet amour est à solliciter auprès d’Allah. Lui seul l’accordera à qui Il veut, parmi Ses serviteurs. Élixir de l’existence, essence de la religion et parfum de vie, cet amour se mérite !

1- Réciter régulièrement le Coran

Le musulman doit réciter et méditer les profondes significations des versets coraniques, notamment ceux qui exaltent la grandeur du Prophète et célèbrent ses innombrables mérites et vertus. En récitant ces passages, on se souviendra que le Coran a été déposé dans son cœur béni. Allah affirme cette grande vérité : « L’Esprit fidèle (Gabriel) est descendu avec lui [le Coran] sur ton cœur ; pour que tu sois au nombre des avertisseurs ». (Coran : 26 : v. 193-194). Le Coran a été transmis dans sa propre langue, l’arabe clair. Il a été ensuite parfaitement incarné dans sa moralité exemplaire. «  Le Messager d’Allah était un Coran qui marchait », dit ‘Aicha, notre mère. À titre d’exemple, nous proposons de réciter les sourates 93 et 94 (Wa- Dhuhā et alam našrah laka sadraka ?) pour voir Allah s’adresser à Son Bienaimé.

2- Lire régulièrement les recueils de Hadith authentique

Le musulman doit lire ces recueils et veiller à bien comprendre les chapitres et passages ayant une portée universelle, humaine et spirituelle où apparaît, clairement, les hautes qualités morales et religieuses de notre Bienaimé. Il est donc recommandé de lire certains chapitres de Sahīh al-Bukhārī, Sahīh Muslim, d’al-Muwatta’ de Mālik et d’autres recueils comme al-Arba‘īn d’al-Nawawī et al-Jāmi‘ al-saġīr d’al-Suyūtī. Si on lisait attentivement ces perles de sagesse, on touchera la magnificence et l’éloquence des hadiths. Le Prophète a modestement dit : « On [Allah] m’a accordé des paroles synthétiques et denses ».أُتيتُ جوامعَ الكَلِم. On se rappellera en outre que celui qui a proféré ces Paroles sages était illettré. Même les grands penseurs de notre temps ne sont pas en mesure de produire des sentences aussi concises, aussi pertinentes et profondes. Pour apercevoir la valeur de ses enseignements éternels, il suffit de lire ce hadith : « Les actions ne valent que par les intentions ».


3- Prier en permanence sur le Prophète

Chaque musulman doit consacrer quelques minutes par jour, peut-être après les prières régulières, pour réciter la salāt et le salām sur le Prophète, sallā Allahu ‘alayhi wa sallam. Ce genre sublime d’invocation est à vivre avec le plus profond recueillement et présence ; car le sens de cette prière est de supplier Allah pour qu’Il élève le rang du Prophète. Il est recommandé de réciter une des formules consacrées, notamment la formule ibrāhīmiyya : «  Allāhumma salli ‘alā Muhammadin wa ‘alā ‘āli Muhammadin kamā sallayta ‘alā Ibrāhīma wa ‘alā āli Ibrīhīma ! Wa bārik ‘alā Muhammadin wa ‘alā āli Muhammadin kam bārakta ‘alā Ibrāhīma wa ‘alā āli Ibrāhima fī al-‘ālamīn ; Innaka Hamīdun Majīdun ».

« Seigneur ! Accorde Ta Prière et Tes salutations à Muhammad et à la famille de Muhammad, comme Tu l’as fait pour Ibrāhīm et la famille d’Ibrāhīm. Accorde aussi ta bénédiction à Muhammad et à la famille de Muhammad, comme Tu l’as fait pour Ibrāhīm et la famille d’Ibrāhīm parmi les Univers. En vérité, Tu es le digne de louange et le Glorieux ! »

Ce rite s’inscrit dans l’obéissance à un ordre divin qui dit : « Certes, Dieu et Ses Anges prient sur le Prophète ; ô vous qui croyez priez sur lui et adressez [lui] vos salutations. » (Coran, 33 :56).

4- Méditer (tafkkur) la grandeur du Prophète

Afin de renouer le Pacte sacré qui nous relie au Prophète, il est recommandable de méditer, quelques instants dans la journée, la grandeur, la bonté de notre Bienaimé, ainsi que les sacrifices et souffrances qu’il a éprouvées pour nous. Ces moments intimes, de méditation et d’amour, vécus dans le for intérieur, purifieront les consciences et les transporteront. Le Prophète n’a-t-il pas associé la perfection de la foi à son amour en disant : « Nul n’atteindra [la vraie] croyance, à moins que je ne sois plus aimé, par lui, que lui-même » ? L’aimer est donc un acte de foi à vivre par le cœur et par l’esprit. La foi se renouvelle et se régénère par la méditation.

5- Célébrer régulièrement les grands événements de sa vie :

La vie du Prophète, sallā Allahu ‘alayhi wa sallam, s’est étendue sur vingt-trois ans, passés dans l’adoration, la prédication (da‘wa) et les invocations. Quelques événements majeurs ont cependant marqué plus que d’autres sa vie et celle de l’Islam : citons par exemple : sa Naissance (570), le voyage nocturne et l’ascension (620), l’Immigration (622), le retour triomphal à la Mecque (630), son départ vers Dieu (632)... Il ne s’agit nullement d’instituer de nouvelles fêtes religieuses. Il s’agit simplement d’occasions à connaître, à se remémorer et à rappeler aux enfants pour que restent, à jamais, vifs ces événements ayant changé l’Histoire.

6- Etudier passionnément la Sīra

Il est fortement recommandé de connaître les principaux faits et gestes qui ont constitué la trame, historique et spirituelle, de la sīra muhammadiyya. Lorsqu’on lit les ouvrages de la sainte Biographie de notre Bienaimé, on mettra l’accent sur les épisodes et moments les plus universels qui révèlent la grandeur de ce personnage exceptionnel et la quintessence de son message éternel. A défaut d’un savoir historique solide de cette époque, il vaudrait mieux ne pas trop s’arrêter aux batailles et faits issus du contexte tribal de la péninsule arabique ; car le Message de l’Islam est universel, spirituel et moral ; et ce caractère universel ne peut être perçu que si on place la sīra dans une continuité spirituelle qui dessine l’exemple parfait servant à guider l’humanité entière. « Et Nous ne t’avons envoyé qu’en tant qu’annonciateur et avertisseur pour toute l’humanité. Mais la plupart des gens ne savent pas », dit Le Coran (Saba’ : 34 : 28). La lecture régulière de cette sīra crée un lien intime et direct avec le Prophète.

7- Lire les ouvrages de Compagnons (Sahhāba)

Compléter nos lectures et notre compréhension de la vie du Prophète, par la fréquentation d’ouvrages qui décrivent la vie des Compagnons, qu’Allah les agrée tous, afin de voir leur dévouement spectaculaire. Nous rapportons ce qu’a relaté al-Halabī dans sa Sīra : « Lorsqu’on a apprit le décès du Prophète, les Compagnons perdirent la raison. Certains en devinrent fous ; d’autres furent paralysés et ne purent plus tenir débout. Certains perdirent la parole et ne purent plus parler ; d’autres encore tombèrent par terre. ‘Umar fut parmi ceux qui perdirent la raison ; ‘Uthmān perdit la parole. ‘Ali fut paralysé. Quant ‘à ‘Abd Allah Ibn Unays, il mourut de chagrin ». (Al-Sīra al-Halabiyya, III, p. 35)

8- Assister aux séances d’invocation

Le Prophète, sallā Allahu ‘alayhi wa sallam, aimait la poésie et a prescrit sa récitation. Lui-même déclamait occasionnellement quelques vers. C’est que la poésie ravive l’amour et nourrit le cœur qui le porte. Il est recommandable (mandūb) que les musulmans puissent assister à des séances d’invocation, de chants religieux et des subtils poèmes qui célèbrent la beauté et la grandeur du Prophète. Chanté par des voix sublimes, depuis des siècles, le poème d’al-burda fait vibrer les millions de musulmans à travers le monde, pendant les moments de joie et de peine. N’oublions pas que le Prophète avait offert son manteau (burda) au grand poète Ka‘b Ibn Zuhayr lors que ce dernier lui déclamait :

Certes, le Messager est une lumière qui illumine...

9- Suivre un modèle- éducateur :

Tous les musulmans sont appelés à suivre l’exemple moral du Prophète, sallā Allahu ‘alayhi wa sallam. De par leur persévérance et piété, certains Saints (waliyy) sont plus proches du modèle prophétique. Leur comportement, paroles et actions quotidiennes y sont conformes. Il est donc souhaitable de les suivre, pour voir incarnées, dans leur comportement, la moralité et la sunna du Prophète. Sans cela, la sunna resterait un vague concept. Une célèbre tradition dit : « On fréquentera celui dont la rencontre nous rappelle Allah ; dont la prestance touche le for intérieur ; dont les paroles augmentent la piété ; dont le comportement fait se détacher de ce bas-monde. Tant qu’on est dans sa proximité, on ne commettra point de péchés. Il conseille non par les paroles, mais par les actes ».

Ainsi, sayyiduna Mohamamd, sallā Allahu ‘alayhi wa sallam, n’est pas seulement un simple nom enfoui dans l’histoire, ou une figure religieuse occasionnellement évoquée, mais une source de vie qui nourrit au quotidien nos esprits et oriente nos parcours. Nous le fréquentons en accompagnant un de ses « héritiers ». « Les savants ne sont-ils pas les héritiers des Messagers ? », dit un célèbre hadith.

10- Vivre ses enseignements au quotidien

Loin d’être des récits historiques sans vie, la Sunna (Traditions prophétiques) est un ensemble vivant d’enseignements, à vivre au quotidien. Il est ainsi fortement recommandé à chaque musulman d’avoir conscience de ses hautes dimensions éducatives et de les appliquer à son échelle personnelle, familiale et sociétale. Concrètement, il suffit de connaître et d’appliquer, chaque mois, un seul hadith authentique. Si on faisait l’expérience d’apprendre par cœur le hadith suivant et de l’appliquer pendant un mois : « Nul n’atteint [la vraie] croyance à moins qu’il n’aime pour son proche ce qu’il aime pour soi-même », notre quotidien changerait, nos cœurs s’apaiseraient et les maladies qui l’assombrissent disparaitraient par la magie de l’amour !

11- Voir les traces matérielles du Prophète

Les Compagnons, qu’Allah les agrée tous, se sentaient honorés de conserver des souvenirs, des effets personnels et des traces qui appartenaient au Prophète, sallā Allahu ‘alyhi wa sallam. Nul ne les a réprimandés, car on savait que leur intention était de tirer la baraka de ses effets bénis (grâle, chaussures, poils, sabres, manteau, dents, seau...). Abū Zum‘a al-Balawī, barbier du Prophète, tenait à être enterré avec les poils de notre Bienaimé. Khālid Ibn al-Walid en gardait d’autres dans son turban. Pour nous, il suffit d’avoir les images disponibles de ses traces et lieux de visite en Arabie ; L’objectif n’étant pas de les adorer ; loin de nous tout esprit d’excès que nous combattons sans merci ; mais plutôt pour s’en rappeler, sentir le parfum prophétique et en tirer la bénédiction.

12- Craindre Allah avec révérence

La clef de l’amour pour le Prophète est la taqwā d’Allah, Le craindre avec révérence. Nul ne pourra accéder à cet amour s’il n’applique pas les préceptes de l’Islam. Ce joli présent qu’est l’amour, Allah ne le donnera qu’à quiconque L’obéit en privé comme en public. Et cette taqwā aide beaucoup à progresser dans le Bonne Voie. On imaginera mal comment Allah puisse-t-Il honorer un cœur qui n’a pas été purifié des maux ou un homme qui ne Le craint pas !

Épilogue

Grâces indescriptibles et bonheurs sans fin ni nom, l’amour du Prophète est un don divin (mawhiba). Il n’est pas de formule qui le provoque, ni le fait accroître ! Il ne peut qu’être goûté, sans mots, sans expressions par un cœur purifié, abreuvé d’amour et de piété. D’ailleurs, quel langage est en mesure de le décrire ou de le contenir. Ce noble amour doit être sollicité auprès d’Allah. Lui seul, par Sa douceur, l’accordera. Avec notre Bienaimé, nous invoquons :

Mon Seigneur !


J’implore Ton amour, l’amour de ceux qui T’aiment, et les œuvres qui me conduisent à Ton amour. Mon Seigneur ! Fasse que Ton amour me soit plus cher que ma propre âme, ma famille et l’eau fraîche.
(Rapporté par at-Tirmidhi).

N. al-Madani,

Paris, 13 septembre 2012.




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