Les vertus de Chabaan
d’après sidi Abd al-Qadir al-Jîlânî

Ghawthy Hadj Eddine Sari Ali

mardi 24 août 2010


 

Extrait de l’œuvre attribuée au Maître, rédigée par ses disciples, wa ALLAH A‘lem[1]

 

              El Ghunya li Tàliby Taryq El HAQ, ‘Azza wa Djella ou « Ce qui convient à ceux qui sont en quête de la voie du JUSTE,L’Omnipotent sans nul autre pareil, L’Omniprésent par Sa Grandeur, Le Magnificent »…Toute traduction est trahison, dit l’adage scolastique, c’est la raison pour laquelle il est préférable de suggérer des « interprétations » du texte, en français, sans prétendre à une « traduction » rendant le « sens original », mais suggérant des réflexions. Cela pour deux raisons : l’ouvrage est un compendium de hadyth et versets coraniques (qui seront mis en exergue), brièvement commentés par le Maître, et, en second lieu, la traduction littérale pose le problème de l’interprétation des concepts. Déjà le titre de l’ouvrage nécessite une « interprétation » des concepts arabes Ghunya, tàliby,taryq,haq, ‘azza et djella ; le dictionnaire « lexis » d’Ibn Mundhzùr, radya ALLAH ‘anhu, le « Lisàn El ‘Arab », en permettrait les signifiés, préconisés ici. Avec l’Aide de Dieu, subhànaHU wa Ta‘àlà, il est, donc, proposé dans ce qui suit, une interprétation des sections-façl concernant le mois de Sha‘bàn (extrait du livre édité en langue arabe  par la Mektaba Esha‘bya –Beyrouth –1970, tomeI pages187-191)…

              L’intérêt  de cette œuvre réside en ce qu’elle apporte de riches enseignements, en matière de fiqh-droit, adab-au sens de « morale », taçawwuf- sciences des Maîtres « soufis », plus correctement « çoufy », en la Mystique islamique (harmonisant :« ésotérique-bàtyn » et « exotérique-dhzàhir »). Du IXème siècle au XIIIème siècle, Baghdad fut le centre des études et recherches en tout domaine, de la connaissance, chaque siècle ayant son « Muhy Eddyn- Revivificateur de la religion » (mujaddid-actualisant, selon un célèbre hadyth). Muhyeddyn est le surnom par lequel les contemporains de Sidi ‘Abdelqàdir le désignaient. Ainsi l’on trouve dans ce livre, cités en référence, les enseignements des Sheykh- Maîtres,radya ALLAH ‘anhum, tels El Junayd et El Mouhàssiby (IX ème siècle), Abù Naçr Esserràj ,El Mekki , El Hallàj et Ibn ‘Atà’ Ahmed (Xème siècle), Qushayry et Hujwayry(XI ème), entre autres, ou ses contemporains Zamakhchary…dont il sera donné quelles que modestes références.

               A l’instar de ces Maîtres, Sidi ‘Abdelqàdir dénonçait les « errances » de certains mystiques et certains « rationalistes », tout comme le fit son aîné El Imàm Abù Hàmid El Ghazaly, et son célèbre « Ihyà ‘ulùm eddyne »-Revivification des sciences de la religion, rejetant tout « anthropomorphisme » des concepts philosophiques, concernant Dieu, SubhànaHU wa Ta’àlà. De même, comme son prédécesseur Ibn ‘Aqil (XI ème siècle), se référant à l’école juridique de l’Imàm Ahmed Ibn Hanbel, il préconisait, cependant, d’utiliser « la raison » , sans taqlyd-imitation scrupuleuse, menant à la vénération excessive des hommes et l’abandon des preuves- ta‘dhzym errijàl wa terk el adilla. (ce qu’enseignait, aussi El Ghazàly) .Ainsi, il citait les enseignements des Maîtres de toute école-madzhab, les Shàfiites, les Malikites, les Hanifites, malgré les « dissensions », générant, parfois, des « émeutes » dans Baghdad. Un autre Muhyeddyne lui succèdera, Sidi Ibn El ‘Araby(1165-1240)Radya ALLAH ‘anhum

              On consultera, avec bénéfice, les ouvrages suivant, contenant des notes précieuses sur la vie du Maître et les « mouvements intellectuels » de son siècle :

·         Muhammed Ali Aïni : Abd-Al-Kadir Guilàny/Ed.Paul Geuthner-Paris 1967

·         George Makdisi : Ibn ‘Aqyl /Institut Français de Damas-Maisonneuve-Damas 1963

·         Collectif sous la direction de M.Chodkiewicz : Ibn ‘Arabi, Les illuminations de la Mecque-Ed.Sindbad-Paris 1988

 

Ci après, copie de l’original, quatre pages…(le titre du chapitre Fadhl shahr Sha‘bàn, et son introduction par des hadyth, étant en bas de la page 186, non photocopiée)


 

[1] Michel Chodkiewicz, auteur, notamment d’une traduction partielle des Mawàqif (Ecrits spirituels de l’Emir Abdelkader-Seuil1980), très versé en les enseignements du Maître de Baghdad (XIIème siècle), m’avait fait cette remarque, il était (en 1980) directeur des Editions du Seuil. La plupart des Sheykh de nos Zàwya Qadirya considèrent El Ghunya comme l’œuvre de Sidi ‘Abdelqàdir qaddassa ALLAH sirrah, au même titre que le célèbre El Feth Errebbàny…

 

Façl-section Sha‘bàn,pages 187-191

 

  Mewlànà ‘Abdelqàdir El Guilàny, radya ALLAH ‘anhu, enseigne :

·        Abù Hurayra, radya ALLAH ‘anhu[1]rapporte ce propos du Prophète ‘aleyhi eçalàt wessalèm( jeûnant durant ce mois) : « Sha‘bàn est mon mois, Radjab celui de Dieu et Ramadhàn celui de ma umma[2] ; Sha‘bàn est le mois « absoluteur », Ramadhàn, le purificateur »,et, par ailleurs, « Sha‘bàn entre Radjab et Ramadhàn est occulté par les gens, alors que durant ce mois les actes des serviteurs de Dieu sont « interjetés en appel » à l’Autorité du Maître des mondes, et j’aime Lui porter mes actes en état de jeûne-çà’im ».

·         D’après Anas Ibn Màlik radya ALLAH ‘anhu, le Prophète çallà ALLAH ‘aleyhi wa sallama,a dit :« La supériorité, en mérite, de Radjab sur l’ensemble des mois est telle celle du Coran sur l’ensemble des « dits », celle de Sha‘bàn est celle de ma mission sur celle de l’ensemble des prophètes et, celle de Ramadhàn est à l’instar de La Grâce Divine sur l’ensemble de Ses créatures ». Anas ajoutait « Lorsque les compagnons du Prophète çallà ALLAH ‘aleyhi wa sallama, observaient le croissant annonçant Sha’bàn, ils plongeaient dans la lecture du Coran, les musulmans faisaient largesses de leurs biens pour donner force aux faibles et aux pauvres, en vue du jeûne de Ramadhan. Les autorités civiles élargissaient les prisonniers, selon les cas,  les commerçants arrêtaient leurs comptes, scrupuleusement, faisant les grandes ablutions et allant en retraite spirituelle à l’annonce du croissant de Ramadhàn »

                   Sha‘bàn, se compose de cinq lettres, shyn, ‘ayn, bà,’alif et nùn, symbolisant cinq qualités vertueuses : sharaf-dignité, ‘ulw-élévation en dignité, birr-être véridique en la piété,’ulfat-amitié sincère, nùr-lumière (en la vision interne chez l’être). Ceux sont des dons de Dieu SubhànaHU wa Ta‘àlà , gratifiant le serviteur en ce mois. C’est le mois ouvrant l’aisance, durant lequel affluent les Bénédictions et prospérités (divines-barakat), s’estompent les fautes et sont absouts les péchés. L’on fera des prières-bénédictions (autre sens de çalàt), durant ce mois, fréquemment, à l’attention de Mouhammed-Le Loué çallà ALLAH ‘aleyhi wa sellama, qui est La créature par excellence, car c’est le mois de la çalàt sur le Prophète, l’élu préféré, choisi –El Moukhtàr ; Dieu SubhànaHU wa Ta ‘àlà enjoint (CoranXXXIII/56) les croyants de faire cela, à l’instar de Ses propres çalàt et celles de Ses Anges, sur le Prophète, la çalàt divine est Miséricorde, celle des Anges, intercession et absolution et celle des croyants, prière-du‘à’ et louange-thanà’[3].

·        Moujàhid[4]rahimahu ALLAH, disait : « La çalàt de la part de Dieu est  tewfyq et ‘içmat –Assistance, concours que Dieu accorde à l’homme et protection exemption de Sa part ; la çalàt des Anges est aide et triomphe, celle des croyants scrupule et dignité.

·        Ibn ‘Atà’[5] disait : « La çalàt sur le Prophète, est de par Dieu el waçlat- lien, par les Anges, erriqqat-compassion et par les croyants , agrément et amour »

·        Un autre a dit : « La çalàt du MAÎTRE, Dieu, Tabàraka wa Ta’àlà,sur son Prophète, çallà ALLAH ‘aleyhi wa sellama,est magnificence ; celle des Anges la manifestation de la Grâce, et celle de la umma, quête de l’intercession auprès de Dieu »

                           Le Prophète, çallà ALLAH ‘aleyhi wa sellama, a dit : « quiconque dit une çalàt sur moi, Dieu la décuple sur lui ». Il est recommandé à tout croyant doué de jugement et persévérant, de ne pas l’oublier en ce mois, mais s’apprêter à l’accueil du mois de Ramadhàn, se purifiant de ses péchés, revenant vers Dieu, s’approchant humblement de LUI, sollicitant la voie d’accès à Sa Mansuétude par celui  à qui est dédié ce mois de Sha’bàn, Mouhammed-Le Loué çallà ALLAH ‘aleyhi wa sellama, afin que le cœur soit purifié de toute altération, et  sera soigné le for intérieur- sirr, de tout mal.

                           Il ne faut pas surseoir et remettre au lendemain, cette préparation, car les jours sont de trois sortes spécifiques : hier, qui est ajal- échéance des actes, aujourd’hui qui est ‘amal-action et demain qui est amal-espérance, tu ne sais si tu y accèderas ou non. Hier est annonce exhortation, aujourd’hui est récolte des bénéfices des œuvres, demain est incertitude. Tels sont, aussi, les trois mois (qui se suivent) : Radjab est passé et parti sans retour, Ramadhàn est attendu, tu ne sais si tu le vivrais ou non, Sha’bàn, médian, récoltes y les bénéfices de la piété ; le Prophète, çallà ALLAH ‘aleyhi wa sellama,  a répondu aux sollicitations inquiètes du fils de ‘Omar radya ALLAH ‘anhu,  : « Veilles à préserver les bénéfices de cinq choses avant cinq autres : ta jeunesse avant ta décrépitude, ta santé avant ta déchéance physique, ta richesse avant ta pauvreté, ton temps libre avant tes occupations, ta vie avant ta mort »

 

 

Façl-section sur Leilatu El Barà’a-la nuit de l’absolution , et ce qui la caractérise comme miséricorde, bénédiction et gratification

 

  • Dieu, Gloire à Lui‘Azza wa Jalla, dit : « HàMym, l’Ecrit explicite, Nous l’avons révélé en une nuit bénie-moubàrakaten » (CoranXLIV)[6] . Ibn ‘Abbàs, radya ALLAH ‘anhumà, dit : « HàMym, signifie les décrets divins, concernant tout ce qui est, jusqu’à La Résurrection ; L’Ecrit explicite, signifie le Coran et la nuit bénie, la nuit de la mi-Sha‘bàn, et c’est la nuit de la barà’at-absolution. » Ceci fut dit par de nombreux exégètes, sauf ‘Ikrima[7], qui dit : « c’est la nuit d’elqadr-évaluation » (en référence à la sourate XCVII, ce qui semblerait confirmé, d’après lui, par le verset 4, nuit durant laquelle tout est décrété…de nombreuses traditions la désignent comme la 27ème nuit de Ramadhàn).

           En de nombreuses occurrences,  dans le Coran , Dieu , Gloire à LUI, qualifie par moubàrak différents sujets , ou objets (de la Révélation ; le Maître explique, dans ce qui suit, les différents signifiés coraniques du concept moubàrak, donnant les références des versets et hadyths, adéquats…):

  • Le Coran est un  écrit, rappel-dzikr, moubàrak (VI/92,155),et par sa « barakàt »  (au sens de dons divins, bénédictions et grâces), celui qui le lit, y croyant fermement, atteindra son but, sa rectitude, sera exempté de l’enfer, grâce qui s’étendra autour de lui, pour ses ascendants et descendants. Le Prophète çallà ALLAH ‘aleyhi wa sellama , a dit : « celui qui lit le Coran, en observant l’écrit, Dieu allègera les tourmentes de ses parents, fussent-ils mécréants »
  • L’eau est un don divin moubàrak ( Le Maître cite, entre autres, le verset 9 de la sourate L ; cf aussi, VI/99 ;XIII/17 ; XIV/32 ; XXXI/10…plus d’une centaine de versets, dans ce sens). C’est par sa barakat qu’est « la vie » de toute créature (Coran XXI/30 :verset, entres autres, précisant que l’eau « induit » la vie de toute créature-dja’alnà mina el mà’i kull shey’in hayya, ce qui est différent des interprétations bibliques de la genèse des êtres vivants ; le Maître , professeur de l’université de Baghdad, utilise les connaissances scientifiques de son époque, biologie de Jàbir Ibn Hayyàn du VIIIème siècle, d’Avicenne[8], du Xème siècle, entre autres : les quatre éléments constituant les êtres vivants, dont l’eau, et les propriétés de ces « humeurs » qu’elles induisent, qu’il qualifie, ici, de moubàrakat…). Il est dit que l’eau a dix propriétés qualitatives, inductives :erriqqat-douceur, ellynu-fluidité,souplesse et tendresse, elquwwat-puissance ou force potentielle, ellisàn-faconde (ici, il se peut qu’une « coquille » se soit glissée dans le texte, rapporté par les disciples ; d’après le contexte, il s’agirait de latàfat-finesse, subtilité, au sens alchimique des qualités de l’eau), eççafàwat-pureté ou limpidité, elharakat-motricité, errutùbat-humidité, elburùdat-fraîcheur, froidure, ettawàdhu‘-compliance (qualité de ce qui se conforme au règles, : l’eau se « conformant » à son contenant, forme et couleur,image d’une sorte d’humilité-tawàdhu‘ ; en médecine, la compliance est la qualité du patient qui suit scrupuleusement les prescriptions., dans La Ghunya, le Maître en fait une des qualités requise des disciples), elhayàt-vie. Dieu, SubhànaHU wa Ta‘àlà, a doué le croyant, labyb-assidu et persévérant, de ces qualités : douceur, compassion du cœur ; magnanimité du caractère ; force de la tà‘at- obeissance à la Loi Divine (ici, l’on noterait l’allusion du Maître à la définition de la teqwà-piété, telle que l’entend son propre Maître El Junayd, radya ALLAH ‘anhu, dérivant du lexème quwwa : « prendre force et détermination-quwwat, en obéissant aux hudùd ALLAH, qui est tà’at »[9];  finesse et subtilité de l’âme ; pureté et limpidité des actes ; la promptitude à l’agir pour le bien ; « l’humidité de l’œil » (expression expriment la compassion, ne serait-ce que par le regard porté sur autrui) ; froideur à l’égard des transgressions ; l’humilité auprès des créatures ; la revivification à l’écoute du JUSTE.
  • L’olivier est désigné comme  arbre moubàrak, par Dieu, ‘Azza wa Jella, dans Son dit : min shajaratin moubàrakatin zeytùnatin(XXIV/35). C’est le premier arbre dont s’est nourri Adam ‘aleyhi essalàm, après sa chute : arbre procurant aliment et huile, pour s’éclairer, tel que cela est signifié par le Coran (verset 20 de la sourate XXIII. Ensuite, Mewlànà ‘Abdelqàdir revient sur les sens « ésotériques », qu’il développe, que reprendra Esheykh El Akbar, radya ALLAH ‘anhumà. Ibn El ‘Araby a reçu « l’investiture » -khirqa des mains d’un disciple de Sidi ‘Abdelqàdir, étant entendu que l’événement est d’ordre « intemporel », Sidi ‘Abdelqàdir quitta notre monde physique en 1167, alors que naissait Muhyeddine Ibn el ‘Araby en 1165[10]…). Par ailleurs, il a été dit que l’arbre moubàraka, est Abraham ‘aleyhi essalàm, le Coran, la foi,ou encore, c’est l’âme quiète du croyant nefs mutma’inna ordonnant le bien à l’instar des prescriptions divines, se préservant des actes répréhensibles, s’en remettant paisiblement aux Arrêts divins-qadar, convenant des Décrets et Ecrit divins-mà qadhà wa satara[11].
  • Jésus, ‘aleyhi essalàm,est désigné, dans le Coran comme moubàraken (citant verset 31/sourate XIX) , par sa barakat eurent lieu : la fructification du palmier sec, pour sa sainte mère Marie, ‘aleyhà essalàm ; jaillit l’eau sous elle , afin qu’elle se désaltère et s’alimente des dattes mûres, en secouant le fût du palmier(versets23-26) ;(Jésus) guérit l’aveugle et le lépreux , rendit la vie  aux morts par ses prières à Dieu, et autres bienfaits et prodiges (conformément à la Révélation coranique III/49 ; V/110 ).
  • La Kaaba , premier temple érigé, pour l’Humanité, à la Mekke-Bakka,est moubàraken, et par  sa baraka : quiconque y entre, chargé de lourds péchés, en sort gracié ; ce lui qui s’y trouve, est en sûreté (d’après III/96-97) , celui qui y entre, croyant sincère, comptant sur l’Aide Divine-muhtaseb (de ihtasaba- hasbyà ALLAH-IX/129) , s’en retournant vers Dieu, Dieu le préservera des tourments, agréera son repentir et lui pardonnera ses fautes. D’autre part, il est dit que cette « assurance de sécurité », pour celui qui entre dans la Kaaba, consiste à être préservé des nuisances, des dommages, de celui qui en fait en ce lieu sacré-haram tant qu’il s’y trouve. Ainsi sont prescrits les interdits, formels, de chasser et tuer tout gibier, couper les arbres, par respect vénérable du à la Kaaba(allusion aux versets coraniques sur la sacralité et inviolabilité des territoires autour de la la Mekke, Sanctuaire consacré-Haram ;  Médine en étant un deuxième-elharameyn.V/1,2,95,97, entre autres) .

              La vénération due à la Kaaba est pour Dieu, celle due à La Mosquée[12]est pour la Kaaba, celle due à la Mekke est pour La Mosquée et celle au Haram-Sanctuaire consacré est pour la Mekke. Tout comme il fut dit : la Kaaba est orientation-qibla , pour les gens de La Mosquée, elle même orientation pour ceux de la Mekke, la Mekke l’est pour les gens du « territoire sacré »-El Haram, qui est orientation-qibla pour les habitants de la Terre ( réf. Versets 143 à 158/II).

              Ce qui fait que (Dieu)  ait nommé Makka, Bakka, c’est l’empressement des foules de gens ( qui y affluent) : leurs pieds se poussent-tedfa‘ et se repoussent-tedra’. Ainsi, Bakka et Makka désignent, indifféremment, la même chose, tout comme c’est le cas (où mîm et bà entrent dans l’orthographe d’un même mot, désignant la même chose)) pour kamad et kabad= tristesse ou affliction, làzib et làzim= nécessaire[13].

            De cela ( c’est à dire : tout ce qui est dit sur « leïla moubàrakat » nuit bénie-gratifiante), fut nommée Leïlatu el barà’at, moubàrakat= la nuit de l’asolution, bénie-gratifiante , en ce qui s’y révèle de miséricorde-rahmat, grâce-barakat, générosité-khyr, faveur clémente-‘afw, rémission des péchés-ghufràn, pour l’humanité-ahl el’ardh. (suivent des hadyth , authentifiés par des « chaînes de transmetteurs reconnus»=isnàd ,et des propos de la famille du Prophète)

 

 

·        Le Sheykh Abù Naçr nous apprend, à ce propos (suit une chaîne de transmission de hadyth, l’authentifiant), selon ‘Aly ben Aby Tàlib[14] radya ALLAH ‘anhu, que le Prophète çallà ALLAH ‘aleyhi wa sellama, a dit : « La nuit de la mi-Sha‘bàn, les Grâces Divines se répandent sur le ciel terrestre[15](signifiant une « proximité », « intimité », avec les êtres huamins). Dieu, Gloire à Lui, pardonne les péchés à tout musulman, sauf à l’associateur=mushrik ou le rempli de haine=mushàhin, ou qui rompt les relations de famille=qàti‘ rahm, ou une femme lubrique ».

·        Abù Naçr rapporte, selon un isnàd aboutissant à ‘Aïsha[16]  radya ALLAH ‘anhà,ce qu’elle apprit du Prophète ‘aleyhi eçalàt wessalàm, lors d’une nuit de la mi-Sha‘bàn, alors qu’il pratiquait la çalàt dans leur chambre : « Je m’approchais de lui, posant mes mains sur ses pieds, alors qu’il était en prosternation, j’appris, ainsi, de ses prières-dou‘à’, s’adressant à Dieu :

 

Ma personne[17]  et ma forme humaine se sont  prosternées  devant Toi , mon for intérieur a foi en Toi, je Te  suis obligé pour Tes Bienfaits et reconnais, auprès de Toi, mes fautes. Je fus injuste à mon propre égard et Te demande pardon, nul autre que Toi pardonne les péchés. Ta Magnanimité est mon recours contre Ton Châtiment, Ta Miséricorde contre Ta Sanction ; je me réfugie en Ton  Agrément généreux contre Ta Colère,et en Toi de Toi ; je ne sais concevoir aucune louange pour Toi, Tu es tel que Tu T’es Glorifié

 

·        ‘Aïsha, radya ALLAH ‘anhà, ajouta : « Il ,çallà ALLAH ‘aleyhi wa sellama, demeura ainsi, se levant et se prosternant, jusqu’au matin, j’examinais ses pieds qui enflaient et lui dis : je te conjure que je sache, Dieu ne t’a-t-Il pas pardonné de tes péchés, les premiers et les derniers[18], n’a-t-Il pas fait cela de toi, ne l’a-t-Il pas fait, na l’a-t-il pas fait ?-Ô ‘Aïsha, répondit-il, çallà ALLAH ‘aleyhi wa sellama ,ne serais-je pas un serviteur reconnaissant ? Sais-tu ce qu’il en est durant cette nuit ?- Qu’y-a-t-Il ?répondis-je.-Durant cette nuit, répondit çallà ALLAH ‘aleyhi wa sellama, sont décrétés : la naissance de tout enfant dans l’année, de tout décès d’être humain , l’attribution de leurs heur et fortune ;leurs agir et actions sont soumis à l’Autorité Suprême.- Ô Messager de Dieu, dis-je, nul ne peut entrer au Paradis sans la Miséricorde de Dieu ?-Nul ne peut entrer au Paradis sans La Miséricorde de Dieu, répondit-il.- Même pas toi ?- Même pas moi, dit çallà ALLAH ‘aleyhi wa sellama, si ce n’est  que Dieu m’a paré, couvert et protégé par Sa Rahma[19] . Puis, il passa sa main sur la tête et le visage. »

 

Abù Naçr m’a cité (une autre version du hadyth, d’isnàd différent du précédent) , selon ‘Aïsha radya ALLAH ‘anhà, Le Messager de Dieu,çallà ALLAH ‘aleyhi wa sellama, lui a dit : « Ô ‘Aïsha, sais-tu de quelle nuit il s’agit ?- Dieu et Son Messager le savent mieux, dit-elle. -C’est la nuit de la mi-Sha‘bàn, durant laquelle les actes des gens sont « interjetés en appel »( à l’Autorité Suprême Divine), Dieu libérant de l’Enfer un grand nombre (de « pécheurs »[20]) ; as-tu fait l’annonce de cette nuit ?- Certes, dis-je. Il se mit en çalàt, allégeant le rituel en récitant El Hamdu-Louange( la Fàtiha-L’ouverture du Coran) et une courte sourate, puis se prosterna jusqu’à l’approche de l’aube, ensuite il se releva et fit une seconde ruk‘at, récitant l’équivalent de la précédente et se prosternant jusqu’à l’aube. Je l’observais attentivement et crus que Dieu, Gloire à Lui, avait pris l’Esprit-Rùh de son Messager,çallà ALLAH ‘aleyhi wa sellama ; comme il tardait, pour moi, je m’approchais de lui et lui touchais la partie de la plante des pieds qui ne touchent pas le sol, il réagit et je l’entendis dire, en prosternation : « Ta Magnanimité est mon recours contre Ton Châtiment, Ta Miséricorde contre Ta Sanction ; je me réfugie en Ton  Agrément généreux contre Ta Colère,et en Toi de Toi ; Djalla wadjhuka- Grande est Ta Manifestation[21], je ne sais concevoir aucune louange pour Toi, Tu es tel que Tu T’es Glorifié. »Je  lui dis, alors : Ô Messager de Dieu, je t’ai écouté faire mention en prière, cette nuit ,de ce que tu n’avais jamais fait comme commémoraison auparavant .-As-tu appris cela ?répondit-il, çallà ALLAH ‘aleyhi wa Sellama.- Oui, répondis-je.- Alors retiens le et apprends le autour de toi ,car  Jibryl, ‘aleyhi essalàm, m’a ordonné de dire ces évocations-dzikr, lors des prosternations. »

 

·        Abù Naçr m’a (aussi) rapporté d’après son père (et un autre isnàd), cet autre version du hadyth de ‘Aïsha radya ALLAH ‘anhà disant : « Une certaine nuit, j’ai cherché le Messager de Dieu, çallà ALLAH ‘aleyhi wa sellama, et le trouvais au Baqy ‘[22], les mains levées au ciel. Il me dit, alors que je m’approchais de lui :Aurais-tu craint d’être délaissée par Dieu et son Messager ?- J’ai cru, lui ai-je répondu, que tu avais rejoint une de tes épouses. – La nuit de la mi-Sha‘bàn, les Grâces Divines se répandent sur le ciel terrestre, me répondit-il, Il pardonne alors à un grand nombre (de « pécheurs »)(cf.notes 16 et 21)

·         D’après ‘Ikrimah , le disciple d’Ibn Abbàs, rahimahu ALLAH wa Radya ALLAH ‘anhumà, en ce qui concerne le dit de Dieu, Le Sublime, « Fyhà yufraqu kullu amrin hakymin »(verset 4 de XLIV,cité en introduction de la section, signifiant en substance : En cette nuit , tout ordre de sagesse est tranché, décidé), «  il s’agit de la nuit de mi-Sha‘bàn, durant laquelle Dieu, Le Sublime, établit l’ordre  (des évènements) de l’année ; Il « tire » les vivants des morts[23]et décrète qui accèderont-hàdj à la Demeure Divine-Beït ALLAH (Kaaba=Beït ALLAH El Haram),personne ne leur sera ajouté, ni retranché. »

 

Ensuite, Sidi ‘Abdelqàdir, Radya ALLAH ‘anhu, cite des personnages ayant donné leur avis sur la nuit de mi-Sha’bàn, les grâces et les mérites pour les croyants qui la célèbrent ; pour identifier ces personnages, qui semblent être contemporains du Maître, ne formulant pas sur eux La Rahma due aux défunts, l’on se réfèrerait aux ouvrages, incontournables, d’Ibn Khallikàn (XIIIème siècle)-Wafayàt El A‘yàn, et, Hulyat El’Awlyà’ d’ El ‘Açfahàny( XI ème)…

 

Hakym ben Kysàn , a dit « Dieu se manifeste[24] auprès de Ses Créatures en la nuit de la mi-Sha ‘bàn, qui célèbre ce mois en pureté en cette nuit, en a les grâces qui sont dévolues à cette nuit ».

‘Atà’ ben Yasàr, a dit : « (Les décrets Divins) s’élargissent, en cette nuit, aux activités (des créatures) durant l’année (à venir) ; ainsi, l’homme partira en voyage, allant du monde des vivants vers celui des morts (voir note 24), il se marie, allant du monde des vivants vers celui des morts.[25]

 

·        Abù Naçr m’a rapporté, d’après son père, selon un isnàd de Màlik Ibn Anas, remontant à ‘Âïsha radya ALLAH ‘anhà, qui disait : « J’ai entendu dire le Prophète, çallà ALLAH ‘aleyhi wa sellama : Dieu prodigue les bienfaits durant quatre nuits, à profusion, la nuit du Sacrifice (d’Abraham, ‘aleyhi essalàm)-El Adhà, la nuit de la rupture du jeûne-El Fitr, la nuit de la mi-Sha‘bàn durant laquelle sont décrétés les échéances-adjàl et les biens subsistances-erzàq (des créatures) ; il y est déterminé (le nombre) de ceux qui accèderont au Hadj ; (la quatrième nuit bénie et gratifiante) est la nuit de ‘Arafat (la waqfat-halte sur ce Mont est l’essentiel du Hadj), jusqu’à l’appel à la prière (de l’aube)-adzàn. » Saïd  ajoute, selon Ibràhym ben Aby Nadjyh, «il s’agit, en fait, de cinq nuits, parmi lesquelles la nuit de vendredi. »

 

·        Abù Hurayra (cf.note 2) rapporte ce propos du Prophète, çallà ALLAH ‘aleyhi wa sallama :  Jibryl,’alethi essalàm, vint à moi la nuit de la mi-Sha‘bàn, et m’a dit :  «  Ô Mouhammed, lève ta tête au ciel.- Qu’est cette nuit ? lui ai-je demandé.-En cette nuit, Dieu Gloire à Lui, ouvre trois cents portes d’accès à La Miséricorde-Rahma, Il pardonne à tous ceux qui ne Lui associent aucune chose, sauf s’il s’agit de sorcier , devin, ivrogne invétéré, ou celui qui tire profit de l’usure ou la luxure, à ceux là, Dieu ne pardonnera que s’ils se repentent ».A premier quart de la nuit, Jibryl,’aleyhi essalàm, apparut et dit « Ô Mouhammed, lève ta tête », et il la leva, (il vit, alors  que les huit[26]) portes du Paradis étaient ouvertes et devant la première porte un Ange proclamait « Bienheureux celui qui s’agenouille (adorant Dieu) en cette nuit » ; à la seconde porte, un Ange proclamait « Bienheureux celui qui se prosterne (devant Dieu) en cette nuit ; à la troisième porte,un Ange qui proclamait « Bienheureux celui qui prie-dou‘à(Dieu) en cette nuit ; à la quatrième porte, un Ange « Bienheureux ceux qui évoquent-dzikr(Dieu), en cette nuit ; à la cinquième, un Ange proclamait «Bienheureux celui qui pleure de crainte révérencielle envers Dieu, en cette nuit ; à la sixième porte, un Ange qui proclamait »Bienheureux ceux qui s’en remettent en toute confiance à Dieu-muslimyn, en cette nuit ; à la septième, un Ange qui proclamait « Y-a-t-il quelqu’un qui fait demande (à Dieu),il obtiendra ce qu’il attend ?; à la huitième, un Ange qui proclamait « Y-a-t-il quelqu’un qui demande pardon (à Dieu), il sera pardonné ?.-Ô Jibril, jusqu’à quel moment ces portes sont ouvertes ?(demanda le Prophète)- Jusqu’à l’apparition de l’aube, répondit-il. Puis il ajouta « Dieu, Gloire à Lui, sauve de l’enfer d’innombrable gens (selon l’expression citée précédemment, note 21) .» 

 

 

 

 El Hamdu wa Eshshukru Lillàh

Allàhumma akrimnà bi Tewfyqik

Ghawthy ben Hadj Mostefa Hadj Eddine

Ce jeudi 5 août 2010-25 Sha‘bàn 1431


 

[1] Compagnon célèbre du Prophète ‘aleyhi eçalàt wessalèm, à qui l’on doit de nombreux  hadyth çahyh (propos  prophétique authentifié). Il était l’un des ahl eççuffat (ou gens du péristyle de la mosquée de Médine-Coran II/273 ; selon les commentaires, par exemple ceux d’El Qortoby), des « ascètes » parmi lesquels Abù Hurayra, Abù Dzer, Bilàl, radya ALLAH ‘anhum. Une des thèses concernant l’origine du mot çoufy (incorrectement écrit « soufi », avec un syn au lieu de çàd), stipule que ces gens du péristyle furent les premiers çoufys : détachement du Monde matériel, application à l’étude et pratique de la religion Imàn-Islàm-Ihsàn, sans ostentation (ryà’) ni sollicitation d’autre assistance que celle de Dieu SubhànaHU wa Ta‘àlà. Cf : les commentaires du verset 273  sourate II, d’El Qortoby, entre autres, et Ibn Khaldùn (El Muqaddima- partie «Sciences et Enseignements »tome III de la traduction de V.Monteil-Sindbad/1978), El Ansàry « Chemin de Dieu »-trad.Serge de Laugier-Actes Sud.

[2] Umma que l’on traduit communément par « communauté », a pour racine  « umm » qui signifie, d’après Le Lisàn, « mère génitrice», « source », « essence », « matrie » serait la traduction correcte, par opposition à « patrie »=héritage des pères, matérielle, terrestre. Umma est la matrie ou lien par l’essentiel, spirituel, ce qui serait conforme au « cheminement vers Dieu » des « çoufys »…

[3] Le concept islamique de la çalàt, est difficile à rendre en français. Souvent traduit par « prière », ce qui signifie en toute rigueur « demande », acte religieux par lequel on s’adresse à Dieu pour L’adorer ou L’implorer. Ceci est incompatible avec la doctrine islamique, car : Dieu Seul Eçamadh-Le RecoursUnique, est adoré (sujùd), prié et imploré (du‘à), la çalàt rituelle est « être en présence de Dieu, de çalà- s’approcher, comme si tu le voyais ». Le Lisàn explique les nécessaires « nuances » dans les acceptions du terme çalàt, bénédiction, louange, prière…à l’attention du commun des mortels.

[4] Moujàhid b.Jobayr Makhzoûmi (VIIIème siècle ap.J.C, de la Mecque), célèbre commentateur du Coran, cité comme référent par de nombreux Maîtres, tels Muhàsiby, El Junayd (IX/Xèmes siècles)radya ALLAH ‘anhum.

[5] Ahmed Ibn ‘Atà’ , ami d’El Hallàj (Xème siècle),radya ALLAH ‘anhumà, est mort exécuté comme lui (en 922). C’est un des premiers exégètes du Coran, donnant les signifiés exotériques et ésotériques (Haqà’iq el Qur’àn). Bien qu’il fut de l’Ecole d’Ibn Hanbel, Mewlànà ‘Abdelqàdir El Guilàny Sultàn El’Ewlyà, respectait et citait les Maîtres décriés par cette école « rigoriste », dont le plus célèbre « pourfendeur  des çoufys» est Ibn Teymya rahimahu ALLAH (XIIIème siècle, qui reconnaissait pourtant les Connaissances et Valeurs d’El Junayd, ‘Abdelqàdir et Ibn ‘Araby radya ALLAH ‘anhum)

[6] Cette sourate, débutant ainsi, était souvent récitée par le Prophète ‘aleyhi eçalàt wessalàm, durant les prières rituelles. La « nuit » dont il est question, est interprétée diversement : Ibn El ‘Araby radya ALLAH ‘anhu , dans la pure tradition « ésotérique », explique qu’il s’agit de « binyatu-corps édifié de Rasùl ALLAH çallà ALLAH ‘aleyhi wa sellama, protection de la Lumière solaire du Rouh, qualifiée de mubàrakat- source de grâces bénissantes, par ce qu’il(Le Prophète) manifeste comme droiture et justice, de ce fait (cette « constitution » recevant la Révélation…). Enseignant rigoureux, dans les célèbres école et université de Baghdad (dont La Nizàmya, où il donnait des cours, à la demande des Vizir), Mewlànà ‘Abdelqàdir, insistera sur le qualificatif « moubàrakat »,enseignement solidement référencé par des hadyths et versets coraniques 

[7] barà’at ,selon le Lisàn, suggère les sens de « séparation , guérison, immunité, affranchissement… », absolution de la part de Dieu, ou rémission des péchés, serait le sens ; ‘Ikrima est un Maître en la science du hadyth, VIIIème siècle, hanbalite, souvent cité par Ibn El Jawzi, pour ses positions contre les hanéfites « ésotérstes »…

[8] On consultera, à ce sujet : Jàbir Ibn Hayyàn-par P.Kraus- chapitre « Les Propriétés »-Ed.Les Belles Lettres/Paris 1986 ; Avicenne-Poèmede la Médecine- par Noureddine et Jahier- chapitreI Physiologie-même édition, 1956.

[9] El Junayd-Enseignement spirituel- par  Roger Deladrière, pages61-63-Ed.Sindbad/Paris1983

[10] Cf.El Futuhàt El Mekkya  Tome I, chap32. Edition du Caire en six volumes ; ‘Abd-Al-Kadir Guilànî-par Mehmed-Ali Aïni-Ed.Librairie Paul Geuthner-Paris 1967                   

[11] Ceci est clairement en référence aux versets 27 et 28, sourate LXXXIX, âme  mutma’inna-qiète ou rassérénée,                    agréante et agrée –ràdhya murdhya…

[12] entourant la Kaaba, désignée par Beït ALLAH el haràm=La Maison Sacrée de Dieu, unique « temple » sur terre pour les musulmans, les autres « mosquées », à travers le Monde, ne devant pas être désignées comme tel. La Mosquée de la Palestine, située à Jérusalem (Aelia, pour les géographes arabes, tels El Harawy, El Bekri ,et romains) est désignée par Masjid El’Aqçà aux alentours bénis-bàraknà hawlahu, d’après l’interprétation, littérale, du verset 1/XVII, et où seule la Mosquée de la Kaaba est désignée comme Mosquée- Sanctuaire consacré-El masjid el Haràm..La première qibla-orientation pour la çalàt, fut Jérusalem-Aelya (ou Ilya), et c’est en l’an II de l’Hégire que fut prescrit, par le Coran, l’orientation définitive vers la Kaaba, la Mekke(II/143-158) ; l’actuelle Mosquée d’El Aqçà , dite d’Omar, fut construite vers l’an 70 de l’Hégire, par ‘Abdelmàlik ben Marwàn. Par ailleurs, Esheykh El Akbar, Radya ALLAH Ta‘àlà ‘anhu, commentant le verset 1/XVII, dit « El Mesjid El Haram est le cœur,réceptacle consacré par le Rùh mis enl’être humain, El Mesjid El Aqçà (éloigné) est la tête, consacrée par le ‘aql…le « voyage du Prophète ‘aleyhi eçalàt wessalàm, est en Soi » (du cœur vers la raison), wa ALLAH a‘lem.

[13] Le Lisàn donne plusieurs versions, expliquant la désignation de la Mekke par Bakka : cela dériverait du verbe bakka , signifiant « rompre le cou », ou « repousser violemment »-zahama ; il s’ensuivrait que Bakka qualifie la ville Makka, où l’on rompait les cous des tyrans qui y venaient commettre des exactions iniques (cf. Histoire de la Mekke, par el ‘Azraqy, et par Ibn Edhyà’) ; Ibn Mundhzùr, radya ALLAH ‘anhu,l’auteur du Lisàn, opte pour l’explication donnée par Mewlànà ‘Abd El Qàdir radya ALLAH ‘anhu.

[14] Seyyidunà ‘Aly qaddassa ALLAH sirrah est pour la grande majorité des Maîtres le référent spirituel, auquel aboutit la « silsila » =chaîne initiatique, souvent désigné par « El Imàm ‘Aly El Mourtadhà »=l’agréé par Dieu, ‘Azza wa Djella, en lien direct avec le Prophète, ‘aleyhi eçalàt wessalàm,désigné, aussi souvent, par «  Mouhammed El Moustafà »=le choisi par Dieu Djallà DjalàluHU.

[15] Lisàn El ‘Arabe cite une version de ce hadyth (occ.nazala), l’auteur  Ibn Mundhzur, radya ALLAH ‘anhu, insiste, pour éviter tout anthropomorphisme, d’interpréter nazala comme « dispense des Grâces et Bienfaits Divins », évoquant la rémission des péchés halla.

[16] Dans un esprit de conciliation, le Maître cite, à présent, suite au hadyth de référence Seyyidunà ‘Aly, un hadyth dont l’isnàd aboutit à l’épouse du Prophète, que les fanatiques shi’ites détestent, alors qu’ils glorifient outre mesure ‘Aly, radya ALLAH ‘anhu, cousin et gendre du Prophète…Il n’est rapporté, ici, qu’une partie de ce hadyth (que l’on retrouve dans les recueils de Boukhàry, Ibn Hibbàn, entre autres), concernant la mi-Sha’bàn ; il est souligné la différence de sens du mot « prière », utilisé pour traduire de l’arabe çalàt et du‘à’, « prière » ne concernant en toute rigueur que ce dernier.

[17] Sawàd chez les Arabes, signifie shakhç=personne ; d’après un hadyth essawàd el a’dhzam= la grande personne, désigne l’ensemble constitué par les personnes obéissant aux même règles . Lisàn, occ.sawàd

[18] Il s’agit de l’évocation, par ‘Aïsha radya ALLAH Ta’àlà ‘anhà, des versets 2-3 /XLVIII

[19] « taghammadany ALLAH birahmatiH » est ainsi interprétée par Ibn Mundhzur radya ALLAH ‘anhu, dans le Lisàn…

[20] pour  rendre l’expression littérale idiomatique :dont le nombre atteint celui « des  poils d’un troupeau gardé par un chien »,sens choisi, ici, à moins que « sha ‘ru ghanam kalb » désigne un « troupeau » célèbre à l’époque, ce qui reviendra dans de nombreux hadyths et propos de personnages que citent Sidi ‘Abdelqàdir Rdya ALLAH ‘anhu, dans la suite de cette section…

[21] « Wadjhu ALLAH » est une expression qui a donné lieu à de nombreux commentaires  (cf. LV/27), pour dénoncer les « anthropomorphismes », lorsqu’on traduit  wadjh par « face , visage ». Le Lisàn insiste sur cela, comme le verset 27/LV expliquant  djalàl et ikràm de l’attribut Divin wadjh…

[22] El Baqy’ Cimetière à Médine, situé près de la Mosquée du Prophète, où reposent de nombreux Compagnons du Prophète, des Erudits et des « héros » des débuts de l’Islàm, ainsi que des Ewlyà’

[23] Dans ce propos, ‘Ikrimah, radya ALLAH ‘anhu, utilise nasakha au lieu de kharadja=tirer ou extraire, expression coranique en l’occurrence (telle VI/95 ; X/31 ; XXX/19). Nasakha, d’après le Lisàn, suggère : mutation, changement, substitution, métamorphose, copie conforme, ce qui ajouterait du sens « ésotérique » à l’interprétation du verset et exégèse d’Ikrimah (que cite de nombreux Maîtres, pour ses qualités d’exégète ouvert aux interprétations ésotériques, comme Ibn ‘Atà’, Radya ALLAH ‘anhumà)

[24] On notera, dans ce propos, qu’il est dit « Dieu monte vers Ses Créatures en la nuit de mi-Sha’bàn »,au lieu de « descend au ciel terrestre » des hadyths. Le Maître, wa ALLAH a‘lem,a voulu citer cela, pour signifier que Dieu, ‘Azza wa Djella, ne monte, ni ne descend, bilà makàn wa là zamàn wa là keyf wa là mithàl, SubhànaHU wa Ta ‘àlà, ce que le Lisàn relève, aussi, pour signifier que ces expressions ne doivennt pas être interprétées comme « mouvement anthropomorphique », mais comme « Manifestation-tadjelli »de La Grâce Divine  (II/115,177,186 ;XVI/74 …entre autres)

[25] Cette sentence rappellerait l’adage popularisé « partir c’est mourir, un peu » (que cite de nombreux auteurs, A.Allais…) ;ce qui est intéressant, ici, c’est le fait que « voyage et mariage » soient associés , donnant une autre approche des actions humaines. Le Coran associe, pour le çyàm , le malade-marydh et le voyageur- safar (II/184),  eu égard à la « pénibilité », Sidi ‘Abdelqàdir Radya ALLAH ‘anhu, enseigne que le çyàm est un voyage « vers Soi », faire taire les passions, une « mort à Soi » (uqtulù enfusakum- en référence à un hadyth et exégèse des versets 54/II,66/IV, 112/IX ; Sidi Muhyeddine Ibn ‘Araby, radya ALLAH ‘anhu, dans ses Rasà’il, développe « Le dévoilement des effets du voyage », dans ce sens, entre autres (une remarquable traduction, bien annotée, en a été faite par le professeur –chercheur de l’université d’Aix-en-Provence, Denis Gril/Ed. de l’Eclat1994)

[26] Huit, correspond au huitième mois, qu’est Sha‘bàn, de l’année hégirienne ; c’est aussi « le secret du  », huitième lettre de l’abgad (cf.Sidi Mà’u El ‘Ayneyn, Radya ALLAH ‘anhu, dans son traité qui rappelle El Ghunya, intitulé Na‘t El Bidàyàt wa tewçyf Ennihàyàt/ chapitre « sirr el hà » :El Hamyd, El Hakym, El Hafydhz, El Hakm, Halym, El Hasyb, El Haq, El Hay, Tabàraka wa Ta ‘àlà, Attributs Divins (se manifestant, ajoute Sidi Muhyeddyne Ibn ‘Araby, radya ALLAH ‘anhu, par Hà Mym, présents en Mouhammed, ‘aleyhi eçalàt wessalàm

 




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