La porte d’Allah

Cheikh Mohammed al-Monawwar al-Madani

dimanche 28 février 2010, par Madani

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Le Prophète est, certes, l’être le plus élevé, le plus noble de toutes les créatures de ce bas-monde, et de celles de l’au-delà. S’il n’avait pas été crée, l’univers, et tout ce qu’il contient, n’existerait pas. L’existence n’aurait pas d’essence. Comparé aux autres créatures, il eut la grâce la plus grande. Il est le refuge des gens lorsqu’ils s’affoleront. Il est l’Intercesseur lorsque leurs pieds glisseront. Au fil des temps, il faudrait, sans cesse, le vénérer et l’aimer, notamment par sa communauté, (umma) qui est devenue, grâce à lui, la plus noble des communautés. Grâce au Messager , elle a acquis davantage d’honneurs, comparé aux Premiers et aux Derniers. Cela est une évidence, puisqu’il est l’Intercesseur des bons et des mauvais. Il est celui qui dira : « Mon Seigneur ! [Sauve] ma communauté ! Sauve ma communauté ! », alors que les Vénérables Messagers auront peur. Chacun dira : « Puisse mon âme être sauvée ! ». L’amour du Prophète est le rang qui doit faire l’objet de toute émulation. Du souffle doux de cet amour, se nourrissent les adorateurs. Pour leurs cœurs et esprits, il est la nourriture céleste. Il en est la prunelle des yeux. Il est la vie même. Si on en est privé, on sera au nombre des morts. Il est Lumière : si on la manquait, on se noierait dans les vagues d’obscurités.

En général, l’on apprécie celui qui nous accorde une faveur éphémère une ou deux fois en ce bas-monde, celui qui nous sauve d’un péril ou d’un tort passager. Il doit en être de même pour celui qui nous accorde des dons éternels, celui qui nous protège du châtiment douloureux. L’on apprécie l’autre pour sa belle image, sa bonne conduite. Il doit en être de même pour ce noble Prophète et ce Messager vénéré qui réunit toutes les vertus morales.

Grâce à lui, Allah nous accorde les faveurs de ce bas- monde et celles de l’au-delà. Il nous comble de ses grâces cachées et apparentes. Il mérite d’avoir la part majeure de notre amour ; une part plus grande et plus sincère que notre amour pour nous-mêmes, pour nos enfants, notre famille, nos parents et les gens en général. Al-Bukhârî rapporte dans son Livre authentique d’Anas qu’Allah l’agrée : « Un homme interrogea le Prophète au sujet du jour de jugement dernier en disant : « C’est quand l’Echéance ? ». « Qu’en as-tu préparé ? ». « Tu seras avec celui que tu aimes », répondit le Prophète . Anas dit : « Rien, jamais, ne nous a rendus aussi contents que la joie d’entendre cette annonce : « Tu seras avec celui qui tu aimes ». Anas dit : « Moi j’aime le Prophète , Abou Bakr et ‘Umar et j’espère être avec eux par mon amour même si je n’ai pas accompli leur actions ».

Un homme vint vers Ibn ‘Umar et lui dit « Ô Abû ‘Abd al-Rahmān ! J’aurais bien aimé voir le Messager de Dieu ». Ibn ‘Umar lui répondit : « Qu’en aurais-tu fais ! ». « Par Dieu, j’y croirais et je l’embrasserais entre ses yeux » dit-il. « T’apporte-je la bonne nouvelle ? » dit Ibn ‘Umar. « Oui » dit- il. Ibn ‘Umar dit alors : « J’entendis le Prophète dire : plus mon amour se mélange avec le cœur de quelqu’un, et plus Allah interdira l’Enfer à son corps ».

La vie du Prophète est le plus noble registre dans lequel se dessine le plus beau et le plus sincère acte qu’un humain puisse l’accomplir.

Ainsi, le Prince des Poètes excelle en exaltant les louanges de l’Elu :

J’ai côtoyé la porte du Prince des Prophètes. Quiconque s’attache à la clef de la porte d’Allah réussira .

De ses louanges, j’ai posé un collier qui me fera honneur le jour où nulle gloire par filiation ne résistera.

Ibn Ishāq rapporte qu’une femme médinoise ayant perdu son père, son frère et son époux lors de la bataille du Uhud, dit : « Mais, comment va le Prophète ». « Grâce à Dieu, il va bien comme tu le souhaite » dirent-ils. Elle répondit : « Montrez-le moi que je le vois ». Lorsqu’elle le vit, elle dit : « Après toi, tout malheur est léger ».

‘Ali ibn Abî Tâlib, qu’Allah l’agrée dit : « Pour nous, le Messager de Dieu est plus apprécié que nos biens, nos enfants, nos parents et de l’eau fraiche après la soif ».

En somme, nulle vie pour le cœur sans l’amour de Dieu, qu’Il soit exalté, sans l’amour de son Messager . Nulle vie hormis celle des amoureux dont les yeux sont joyeux par cet amour. Après avoir trouvé la quiétude grâce à Lui, connu la joie de Sa proximité et joui de Son amour, leurs cœurs sont apaisés par Lui. Dans le cœur, il y a des déchirures que ne guérit que l’amour de Dieu et de son Messager .

Cheikh Mohammed al-Monawwar al-Madani.




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