Le chercheur de la Vérité

vendredi 2 janvier 2009, par S.Chabert


Le chercheur de la Vérité

L’homme en quête de Dieu sera-t-il satisfait d’une station lointaine ?
Non, car il n’aspire à rien qui soit moins que l’union. Le vrai chercheur sur son visage porte un signe, sur son front luit une lumière rayonnante. Il est toujours proche, courtois, respectueux, résolu, envers les censeurs indulgent, honorant l’ami véritable. Son but transcende tous les buts : rien qui puisse lui faire obstacle, l’abrupt est pour lui aplani. Il n’a d’autre visée à côté de sa cible. L’attachement à la famille ne l’en détourne, ni le blâme. Belle est la description qui, par elle-même, suffit à le définir : chercheur de la Vérité [1] . Tel est celui qui La recherche ; il fait de sa quête l’unique objet de ses regards. Puis, dépouillant son âme des défauts qu’il y trouve, lorsqu’elle elle nue de leurs opposés il la revêt. Serviteur de Dieu en tous temps et tous lieux, à ses obligations rituelles légales de son propre gré il en ajoute d’autres jusqu’à ce que la Vérité soit son ouïe, sa vue, sa langue et sa parole et ses mains et ses pieds [2]. Il meurt avant sa mort [3] pour vivre en son Seigneur, puisque après cette mort se fait la migration suprême. A rendre compte il s’appelle lui-même avant d’être appelé, étant en cela le meilleur suppléant de la Vérité. Avant son être propre, de la Vérité, il voit l’Être, il le voit après lui et de quelque côté qu’il se tourne. Dieu Seul était et rien autre avec Lui. Il est maintenant comme Il était, Dernier comme Premier essentiellement Un, il n’est rien hormis Lui, l’Intérieur, l’Extérieur, sans commencement et sans fin. Quoi que tu voies, tu vois son Être. Dans l’Unification absolue, en Lui n’est nulle réserve. Comme l’Essence de Dieu serait-Elle enfermée comme un voile ? Là le seul voile est Sa Lumière.

Sheikh Ahmed al-Alawi [4]


[1Haqq : la Vérité ou Réalité ultime, Dieu.

[2Allusion à la tradition prophétique (hadîth qudsî) dans lequel Dieu dit : « Mon serviteur ne cesse de s’approcher de Moi par des actes de dévotion surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime, et quand Je l’aime, Je suis l’ouïe avec laquelle il entend, la vue avec laquelle il voit, la main avec laquelle il combat et le pied avec lequel il marche » (Bukhârî, Riqâq, 37)

[3Allusion au Hadîth : « meurs avant de mourir ».

[4Extrait du Dîwân, cité dans « un saint musulman du 20e siècle », par Martin Lings, 1973, éditions Traditionnelles, p.249-250.




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