MORALITÉ ET BONNE CONDUITE
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Lettre aux disciples de Sfax

lettre 9

D 26 septembre 2010     H 10:45     A Madani    


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Au nom d’Allah, le Miséricordieux, le Tout- Miséricorde.

1- Mes chers frères en Allah et en son Messager, sur lui bénédictions et salut, dans la ville de Sfax. Qu’Allah vous accorde son soutien et protège vos cœurs et vos apparents (comportements).

2- J’ai été honoré de recevoir votre lettre, écrite par la plume de votre frère, sidi al-Hādī Drīra [1] . Je loue Allah, qu’Il soit exalté, pour votre sérieux, votre persévérance, votre amour et l’attachement de vos cœurs à vous vous aimer premièrement et à aimer Allah et son Prophète ensuite.

3- Tel est le principe des gens d’Allah et telle est leur conduite que nous avions connue et lue. Dans la mesure du possible, je vous adresse ce conseil, comme je l’adresse à moi-même, tant que je suis en vie. «  La religion n’est autre que le bon conseil  » [2] . Le meilleur conseil, le plus précieux, dans la voie soufie ou disons dans la religion, est d’abaisser l’aile pour ses frères, gens de la voie et pour les croyants en général, de telle sorte que le disciple ne voit plus qu’il est supérieur par rapport à ses frères, quelque soit sa qualité : cheikh, muqaddam (représentant de cheikh), chaouch ou simple disciple. «  Tous égaux comme les dents d’un peigne  » [3] .

4- Le disciple doit remplir le devoir de servir ses frères sans tenir compte de l’observance de leurs devoirs ou pas. Considérez le verset coranique adressé au Prophète, sur lui bénédictions et saluts : «  et abaisse ton aile pour les croyants  » [4] « et dis : «  Je souhaite que mon Seigneur me guide et me mène plus près de ce qui est correct  » [5] .

5- En premier lieu, Allah lui ordonna d’abaisser son aile (être modeste) pour ses partisans, respecter leurs droits et honorer leur dus à tel point que le Prophète, sur lui bénédictions et saluts, s’est déclaré lui-même : «  Maître des croyants et leur serviteur  » [6] . Il a déclaré ceci en servant réellement les Compagnons.

6- Ensuite, Allah lui ordonna d’espérer la guidance pour ceux qui s’approchent de l’accomplissement du devoir. « abaisser l’aile », Méditez et comprenez, qu’Allah vous bénisse !

7- Gare aux prétentions, car elles sapent la beauté du disciple et le jettent dans les abysses de l’arrogance. Le disciple ne doit pas dire : moi, je ! moi, je ! Ce sont-là des maux mortels.

8- On a dit : «  Quiconque connaît sa réelle place et la respecte vivra. S’il désirera dépasser son rang, il périra ». Qu’Allah nous en préserve.

9- Je vous écris ces phrases en or que mon Maître (Ahmad al-‘Alāwī m. 1934), qu’Allah l’agrée, m’avait écrites dans l’une de ses missives : « Respecte les obligations de tes frères dans la mesure du possible. Ne t’arrête pas à leur manquement à ton égard pour que rien n’affecte ta détermination. Tu vois bien ce que j’endure avec tes frères de Mustaghānim, qu’Allah les pardonne. À chaque fois que je pense à leur manquement à mon égard, je pense à mon manquement à l’égard de mon Maître, et à l’égard d’Allah. Disons alors qu’il s’agit d’une récompense juste et équitable. «  Ton Seigneur, cependant, n’est point injuste envers les serviteurs  [7] ».

10- Je vous écris cette partie des maximes de notre Maître pour qu’elle soit, si Dieu le veut, une guérison bénéfique et un remède efficace. Qu’Allah soit la source de notre guidance. Nulle guidance que par Allah ; sur Lui je compte et vers Lui je me dirige.

11- Transmettez mes salutations à tous les fuqarās, mes frères les gens de rattachement. Je vous transmets également celles de vos frères à la Zāwia. Avec les salutations de l’auteur, votre humble serviteur Mohammed al-Madanī al-‘Alāwi.
Ecrit, le mercredi, 1368. (1948-50).

Traduction et note Madani.


[1Disciple de la ville de Sfax (né le 18 octobre 1916- mort 5 avril 1980). Il s’est rattaché à la voie madaniyye en 1940.

[2Hadith authentique rapporté par Muslim, 55.

[3Hadīth.

[4Segment du verset 88, sourate, all-Hijr ; Cf. aussi, Coran, Les poètes, 215.

[5Coran, sourate, La caverne, v. 24.

[6Hadith rapporté dans al-Mawāhib al-ladunniya, commentaire al-Zarqāni, 4, 117-118.

[7Coran, Fussilat, v. 46.